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Bain onirique

5/12/2016

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J’ai rêvé de toi. Plusieurs fois déjà. Mais ce matin, le songe m’enveloppe dans les brumes du désir. Mes yeux dans l’aube restent muets. Ils ne veulent plus parler d’autres choses que de ces lieux aux marqueteries multicolores. Mon corps demeure encore tiède. Mes mains se dérobent savamment du réveil en se nichant contre moi, au creux de la caverne sourde de mon ventre. Les doigts de ma main gauche s’entrelacent à ceux de ma main droite dans une prière de dévotion, implorant Morphée afin que les images résistent encore un peu au froid. La supercherie s’installe. Ma conscience dupe reprend le large. Je te retrouve.

L’endroit m’est inconnu. Autour du grand bain s’élèvent de majestueuses colonnes. Une nymphe semble avoir fait glisser son doigt béni tout le long de leurs flancs dans un motif qui consigne le silence. Les colonnes obéissent et témoignent sereinement, leurs têtes étourdies par un ciel de Michel-Ange. À leurs pieds, les dalles dessinent des motifs de fleurs de vie. La géométrie sacrée a envahi ces lieux ou l’homme se baptise de sa propre vérité.

L’eau est chaude. Un lourd rideau de vapeur diaphane s’ouvre sur le spectacle de ta peau. Je ne vois pas ton visage. Pourtant, je ressens ton sourire jusque dans mes reins. Il fait chaud, mais des frissons naissent sur moi avec à leurs cimes, des gouttes d’eau pour abreuver ta soif. Tu te joues de moi. Ton dos me nargue. Ton immobilisme m’appelle. Je reste sur ma rive. Je redessine dans ma mémoire tes courbes, tes monts, tes ombres. Je résiste au chef d’œuvre que tu m’offres pour mieux pouvoir le recréer, à ma guise, à mon gré, dans les moments d’absence.

Mes pieds glissent dans le limpide en créant de grandes sphères translucides. Les ronds vibrent. Par eux, je te touche enfin. Imperceptibles pour l’œil mais éloquentes pour la chair, les vagues te frôlent, comme mes lèvres impudiques auraient souhaité le faire. Tu ne te retournes pas. Tu savoures simplement les pulsations que je dépose sur l’autel de tes hanches. 

Je me laisse voluptueusement évanouir dans l’eau. Je me mélange à elle pour mieux m’infuser de toi. Son humide caresse m’inonde et s’attarde sur mes cheveux faisant naître un ballet d’apesanteur. Mon souffle s’égare dans l’âtre de quelques bulles. Au centre de chacune d’elles, se glisse un baiser vital qui me ramène malgré moi à la surface. La tête à demie submergée, mes yeux observent la mort de mes offrandes, unes à unes dissolues par la force de tes marées. 
​
L’eau te partage dans un féroce égoïsme. Elle te veut pour elle seule. Elle ruissèle entres nous comme un mur invisible, comme une puissance sournoise. Elle me noie de ton amour sans jamais m’y laisser perdre le souffle. Je fustige. Je me réclame de toi. Je voudrais tant la vaincre par la nage. Or, tu souris encore d’une délectation visible. Je vous sais désormais complices. À vous deux vous réussissez à m’abreuver de toi tout en me laissant isolée dans l’illusion d’un oasis.
Je m’extirpe de l’eau, vaincue. Je reste quelques secondes encore trempée de votre malice. Je m’éveillerai bientôt avec sur les lèvres le goût fécond d’une pureté limpide. Le songe s’achève. Le froid me reprend dans un cycle d’éveil. J’ouvre mes yeux baignés de larmes, baignés de nous.
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À coeur ouvert...

25/11/2016

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J’ai passé l’avant-midi avec le cœur ouvert. Une opération délicate, s’il en est une, que de s’ouvrir soi-même. J’affûtais pourtant mon scalpel depuis déjà plusieurs semaines, question qu’au moment venu je n’aurai qu’à passer délicatement la lame pour me retrouver mise à nue. Tandis que les phrases coulaient de mes doigts pour te répondre, je sentais le froid du métal me frôler le cou, mordant d’une brûlure l’abysse de ma poitrine tout en créant une faille étroite jusqu’à mes côtes. À chaque virgule, je sentais mes vaisseaux craqueler sous la pression de mes présuppositions. Le sang qui bouillait sur mes tempes et remontait jusqu’au cramoisi de mes joues, m’obligeais à terrasser le curseur dans l’urgence de ma prochaine libération.

Près de moi, les défibrillateurs, le sérum d’adrénaline et le respirateur artificiel attendaient, en théorie, l’heure fatidique de ma présumée suffocation. Je dis en théorie parce qu’au fond, aucun de ces équipements ne m’auraient été vraiment utile. Dans un scénario hémorragique, je ne souhaitais pas une réanimation. Je n’autoriserais pas plus une anesthésie. Ma volonté m’apparaissait claire. Il me fallait simplement vivre l’intensité de ce moment le cœur ouvert. Ouvert pour que tu puisses mieux le voir. Ouvert pour que tu puisses mieux le prendre.

J’ai déposé le point final à 9 :44 :33 sec. L’aveu était commis. Mon coma s’installait déjà. Pour les prochaines minutes, peut-être même les prochaines heures, le moniteur guetterait ta présence, à intervalles réguliers. Moi, je m’engourdirai dans la glace. On dit qu’il est plus facile de conserver l’âme ainsi à découvert. Et puis, je ne crains pas l’hypothermie. J’ai déjà si froid parfois. Dans le silence, tout ralenti. Mes yeux fixent le vide. J’attends. J’attends.
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Liberté conditionnelle

23/11/2016

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Ma liberté ne se conjugue qu’au conditionnel.  La liberté ouvre les portes mais étrangement elle sait aussi les refermer.  Je suis libre, mais cadenassée à l’intérieur de moi.  Je suis ma propre prison, mon propre geôlier, chacun des maillons d’une chaîne que j’ai forgé de mes peurs, de mes désespoirs.  La lumière qui entre m’aveugle car mes yeux ne peuvent la recevoir.  Je revendique la liberté par principe non pas par convictions profondes.  Je demande aujourd’hui une audience à ma Vie !
 
Ma vie : Oui ? Vous avez demandé à me voir?

Moi – Oui.  Je voudrais connaître les raisons pour lesquelles vous me maintenez captive ici dans mon cachot de misère?

Ma vie : Il serait plus juste que je te demande pourquoi me laisses-tu lentement mourir en toi? Au nom de qui ? Au nom de quoi?

Moi : Tu exagères! Je ne te laisse pas mourir…Sinon je mourrai moi-même non?
Ma vie : Ne pas me nourrir n’est-ce pas un peu consentir à ma mort?

Moi : Je te nourris.  Tu as trois repas par jour. De l’exercice. Des loisirs.  N’est-ce pas suffisant pour te maintenir en vie?

Ma vie : En vie artificiellement ou plutôt conditionnellement oui!

Moi : Je ne comprends pas.

Ma vie : Tu ne veux pas comprendre je crois! Explique-moi pourquoi je continuerai d’exister en toi si tu ne cesses de me contraindre.  Je t’offre des possibilités infinies.  J’ouvre toute grande les portes de ta prison mais tu restes-là, à gémir, dans le fond de ta cellule froide et triste. On dirait que tu y es presque…confortable.

Moi : Voilà qui est ridicule comme affirmation !

Ma vie : Pas tant que cela.  Réfléchis deux secondes.  Je t’ai offert de nombreuses situations sur des plateaux dorés.  Or, tu as préféré  jouer les martyrs en alimentant des souffrances vieilles d’un millier d’années.

Moi : N’ai-je pas eu mon lot d’embûches, de douleurs et d’incompréhension?

Ma vie : Certes mais comment dis-moi aurais-tu constaté toute la force qu’il y a en toi sans épreuves? De plus, tu apprécies particulièrement ce qui est ardu, difficile et trop souvent hélas inatteignable non?

Moi : Que veux-tu dire?

Ma vie : C’est à toi de m’expliquer.  Tu as la santé, le talent, l’intelligence. Tu as trois clefs dorées qui te permettent d’ouvrir les portes de tant de possibilités.  Mais, tu t’acharnes à retourner dans ta cellule dès que tu as mis le nez dehors.  De quoi as-tu peur?

Moi : Mes craintes sont si nombreuses, je ne sais par où commencer?

Ma vie : Je crois plutôt que tu as peur d’avoir peur !

Moi : Peut-être…Sans doute…Tu as raison.

Ma vie : Foutaise, baliverne !  Tu acquiesce encore pour que je te laisse tranquille.  Tu ne te bas pas pour tes convictions.  Serais-tu lâche?

Moi : Je manque de courage c’est vrai.  Je voudrais par exemple pouvoir écrire sans craindre que mes mots fassent l’objet de scrutateurs, d’examinateurs qui valideront ou invalideront ce qui pourtant m’apparaissait comme nécessaire, voire vital.

Ma vie : Vital et nécessaire pour qui?

Moi : Pour moi !!! Lorsque j’écris, je libère des mots, mes maux.

Ma vie : Voilà qui est intéressant. Pourquoi laisses-tu les autres les remettre en cage dans ce cas.  Tu ériges-toi-même les murs autour de tout ce que tu fais.   Le lâcher-prise tu connais?

Moi : J’en suis incapable.  Je dois me protéger des critiques, des regards malveillants, de la condescendance.

Ma vie : Laisse-moi t’expliquer quelque chose.  Lorsque tu te sers de ton talent, il existe pour chacune de tes œuvres un écrin de protection aussi solide que le diamant!  Rien ne sert de craindre pour eux.

Moi : Alors pourquoi la critique arrive à m’atteindre si profondément dans ce cas?

Ma vie : Parce que le diamant agis aussi comme un miroir.  Il reflète ce qui s’y mire.  Par conséquent, les êtres négatifs n’y perçoivent que leur propre reflet qu’ils te retournent ensuite.
Moi : N’est-il pas possible que je puisse écrire pour que chaque personne n’y voie que de la beauté, de la bonté?

Ma vie : En voilà de la présomption!! Tu ne peux avoir le contrôle sur tout.  Je suis la Vie et je ne bénéficie pas de ce privilège.  J’ai appris à être humble.

Moi : Donc, je manque de souplesse, d’humilité.

Ma vie : Disons que ton orgueil prend beaucoup de place dans tes prisons.

Moi : Ah…parce qu’elles sont nombreuses en plus!

Ma vie : Elles sont innombrables en effet.  Lorsque tu en abolis une, étrangement, tu en créé une autre ailleurs, en te justifiant constamment.  Assume-toi !

Moi : Pour m’assumer, il faudrait encore que j’accepte ma propre valeur et celle-ci m’est totalement inconnue.

Ma vie : Si cela peut te rassurer, j’offre ma lumière à qui sait la recevoir.

Moi : Que dois-je comprendre ici?

Ma vie : Simplement qu’une partie de toi reconnaît ta valeur.

Moi : J’en doute fort ! 

Ma vie : Le doute maintenant ! Dieu qu’il prend de la place lui aussi!Moi : Le fait de douter me permet de rester vigilante !

Ma vie : Face à quoi? Face à qui?  La vigilance c’est aussi du contrôle !

Moi : Soupir.  Tout ceci est lourd, complexe, impossible à résoudre en une vie!

Ma vie : Hum hum ! La vie ici c’est Moi!  Il serait gentil de me laisser mon rôle svp!

Moi : En fait, je dis simplement que j’ai l’impression de tourner en rond.  Que ces réflexions je les aie eues plusieurs centaines de fois.  Que j’ai été parfois frappée d’une illumination momentanée mais…

Ma vie : …Mais…tu as préféré retourner dans ta cage.  N’est-ce pas étonnant que rien n’ait vraiment changé puisque tu n’as pas vraiment rien changé!

Moi : Oh!  Tu m’enlèves en plus tout le crédit de mon évolution.  J’ai travaillé si fort ces dernières années pour devenir une meilleure personne!!!

Ma vie : Je ne t’enlève rien que tu ne t’aurais enlevé toi-même de toute façon à un moment ou un autre.  De plus, comme tu l’as si bien dit, tu as tout fait pour devenir une meilleure personne, non pas une personne plus libre!

Moi : Attends!! Si j’en suis ta logique, j’aurai fait tout cela pour me faire briller de l’extérieur sans jamais me préoccuper de l’intérieur?

Ma vie : Si tu veux oui.  Une coquille dorée, mais vide!

Moi : Tu es injuste !

Ma vie : Je te renvois le compliment!

Moi : Euh??? En quoi suis-je injuste?

Ma vie : Je ne t’en veux pas pour autant, rassures-toi. Laisse-moi cependant t’expliquer.  Partons du fait que le mot justice est implicitement lié ici au sens de réciprocité.  Chaque matin, je te célèbre en te permettant de vaquer à tes occupations en toute liberté.  Je prends soin de faire battre ton cœur, d’oxygéner tes poumons, de veiller à la saine communication entres toutes les cellules de ton corps physique.  De plus, par amour pour toi, je veille aussi à ta vie dans un sens plus large, au-delà de ce que tu peux voir, entendre et ressentir.  Je te célèbre chaque jour parce que j’assume pleinement le fait d’être ta VIE! Mais toi, à quand remonte la dernière fois ou tu as honoré ma présence en toi?

Moi : J’avoue que j’ignore totalement comment?

Ma vie : C’est si simple pourtant.  Honorer la vie en soi c’est simplement prendre tous les moyens pour être heureux.  N’as-tu pas remarqué combien la vie s’attarde plus longtemps dans un écrin de bonheur?

Moi : Voilà qui est honteux et très troublant. Comment puis-je réparer cette injustice dis-moi?
Ma vie : Encore plus simple!  En vivant complètement.  En cessant de te mettre des freins.  En respectant l’essence, la couleur que j’ai peinte en toi!

Moi : Le principe est grand, les actions concrètes qui en découlent sont pas mal moins évidentes!

Ma vie : Tu as toujours préféré la théorie à la pratique n’est-ce pas?  Beaucoup plus facile de penser que d’agir ! À long terme par ailleurs, ça fait des coquilles vides!

Moi : Ouf! Tu es vraiment dure avec moi!

Ma vie : Excuse-moi! Mais, n’est-ce pas toi qui aies demandé à mettre fin au conditionnel de ta libération ? 

Moi : En effet je l’admets volontiers! Or, je suis si fatiguée, si essoufflée!  Il semble que je porte depuis si longtemps le bonheur des autres sur mes épaules.  Je ne suis pas certaine que j’arriverai à savourer pleinement ma liberté tu sais.

Ma vie : La liberté ne signifie pas égoïsme ou manque de respect. 

Moi : Comment sais-tu que j’y voyais-là des synonymes?

Ma vie : Je suis ta vie après tout!  Je suis aussi responsable que toi des choix et des non-choix que tu as fait ! Et ce sera toujours le cas !  Nous voyageons en symbiose!  Or, je suis le vent et tu es le voilier.  Je souffle sur ta voile mais c’est plus que jamais à toi de maintenir le cap vers des lieux calmes et heureux.

Moi : N’ai-je pas droit à l’erreur ?

Ma vie : Oh que si! De toute façon, nous savons que les erreurs n’existent pas réellement.  Il suffit parfois simplement de réajuster un peu le gouvernail pour être certaine de se rendre à destination.  Et puis, se donner la liberté de changer de destination si cela nous rends plus heureux.

Moi : Voilà qui sera tout un nouvel apprentissage!  Comment défaire toutes ces décennies de faux-plis?

Ma vie – En laissant ici la culpabilité, l’apitoiement, la rancœur et l’orgueil mal placé.  Je peux t’assurer que tu n’en auras plus besoin.

Moi – Mais où allons-nous?

Ma vie – Nous mettons définitivement fin à ta libération conditionnelle ! Nous quittons ta prison dorée pour aller explorer ton monde.

Moi – Ma vie ?

Ma vie – Quoi donc?

Moi- Je t’aime.
​
Ma vie – Moi aussi je t’aime. 
 

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L'Ile des naufrages

25/10/2016

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Elle: J’ai l’impression de m’accrocher à tes rêves comme à des bouées de sauvetage.
Lui : Peut-être oublies-tu de rêver pour toi-même?  Regarde au fond de toi, ce que tu aimes, ce qui gonfle ta voile d’espoir.
Elle : Mes aspirations se tissent à même les minces filets de bonheur que je vis à travers toi, avec toi.
Lui : Ne t’encres pas à mon port.  Tu sais que tu auras du chagrin.
Elle : Je sais mais…
Lui : La mélancolie de tes vagues m’inquiète un peu.   Je ne voudrais pas être responsable de tes naufrages.  Ton ile n’est pas déserte car tu en es  le plus unique des trésors.
Elle : À quoi sert une richesse si elle demeure seule et triste au milieu de l’océan.  L’étincelle d’un diamant naît dans un regard, dans une larme d’admiration.  Sans toi, je ne suis qu’un grain de sable parmi les autres.
Lui : Tu as vécu avant moi,  tu vivras après moi…Cesse donc un peu d’écouter l’écho nostalgique de la mer dans un coquillage vide.
Elle : Je me heurte sans cesse à tes récifs.  Tes sentiments pour moi seront-ils à jamais tels des embruns se brisant inlassablement sur mes côtes?
Lui : Je suis hélas prisonnier de mes propres marées.  Éloigne-toi avant que mon incertitude se transforme en tempête !
Elle : J’attendrai avec sérénité le moment de mon naufrage alors.
Lui : C’est si triste un naufrage.
Elle: Ce n'est pas si triste si enfin je m'échoue près de toi!!
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